Un investissement de départ à 1 890 euros et un chiffre d’affaires annoncé à 60 000 euros après deux ans – le ratio fait rêver. Mais derrière ces chiffres, un réseau d’à peine cinq licenciés et des redevances non communiquées posent des questions légitimes. Voici ce que vous devez savoir avant de signer.
Origine et concept de Stickie Story
Stickie Story naît en 2003 sous l’impulsion de la société Dimension Développement. L’idée est précise : créer des albums de stickers personnalisés pour enfants, où l’enfant lui-même devient le héros de l’histoire. Le réseau ouvre officiellement ses portes aux partenaires commerciaux en 2011.
L’enseigne se positionne aujourd’hui comme la seule franchise française sur ce segment des stickers personnalisés pour enfants. Elle s’est depuis intégrée au groupe Franchise Domicile, qui regroupe plusieurs marques autour de l’art et de la créativité – Double Cheese, Mag’ink et Stickie Story forment ce portefeuille d’enseignes à faible investissement initial.
Le catalogue comprend plusieurs univers : « Super Super », « Space Adventure », « Magic Princess » ou encore « Kiss me again ». Chaque album peut mettre en scène jusqu’à quatre personnes, ce qui en fait un produit adapté aux cadeaux de naissance ou d’anniversaire. Les albums existent en français, en anglais et en espagnol, une déclinaison qui ouvre techniquement la porte à un développement au-delà des frontières françaises.
Comment fonctionne le modèle de licence Stickie Story?
Franchise Domicile propose deux types de licence pour exploiter Stickie Story. Le premier permet uniquement de commercialiser les produits existants du catalogue ; le second offre en plus la possibilité de concevoir ses propres albums personnalisés. Le choix entre les deux conditionne le niveau d’engagement et les perspectives de marge.
Le modèle est pensé pour fonctionner sans local commercial. Un espace à domicile suffit pour stocker les kits et gérer les commandes. Pour les entrepreneurs qui cherchent à limiter les charges fixes, c’est un avantage concret – pas de loyer, pas de bail à négocier. La question du bail commercial en franchise ne se pose donc pas ici, ce qui allège significativement la structure de coûts.
La distribution repose sur trois canaux :
- Vente directe – marchés, salons bébé, foires artisanales, vente à domicile
- Dépôt-vente – placement des produits chez des commerçants partenaires (librairies, boutiques cadeaux, puériculture)
- Internet – via la plateforme stickiestory.fr
La licence peut s’exercer en activité principale ou en complément d’une autre activité. Ce dernier point attire souvent des profils en reconversion progressive ou des personnes cherchant un revenu additionnel sans quitter leur emploi actuel.
Quel est le prix de la franchise Stickie Story?

La structure financière est atypique par sa simplicité. L’apport personnel requis, les droits d’entrée et l’investissement global s’établissent tous les trois à 1 890 euros. Autrement dit, vous ne débourserez pas un centime de plus pour démarrer – tout est compris dans cette somme unique.
Ce montant couvre le kit de démarrage, la formation initiale et l’accès aux outils de personnalisation. Aucune aide au financement n’est proposée par la tête de réseau, ce qui signifie que vous devez disposer de cette somme en fonds propres. À ce niveau de ticket d’entrée, un crédit bancaire ou un dispositif type NACRE serait disproportionné de toute façon.
Le chiffre d’affaires annoncé après deux ans d’activité est de 60 000 euros. Pour y parvenir, le volume de ventes à réaliser est significatif : si l’on retient un panier moyen de 25 à 35 euros par album, cela implique entre 1 700 et 2 400 transactions annuelles. Ce rythme suppose une animation commerciale soutenue sur les trois canaux de distribution.
Un point d’opacité mérite d’être signalé clairement : les redevances de fonctionnement, les royalties et les redevances publicitaires ne sont pas communiquées. Avant de signer quoi que ce soit, vous devez obtenir ces chiffres par écrit et les intégrer à votre prévisionnel. Un contrat de franchise bien rédigé doit impérativement mentionner ces éléments.
Un marché porteur, mais un réseau encore limité
L’argumentaire démographique tient la route. La France enregistre en moyenne 770 000 naissances par an depuis 2000, selon les données de l’INSEE. Chaque naissance génère une demande de cadeaux personnalisés – et les parents comme les grands-parents cherchent des alternatives aux jouets standardisés.
La référence au groupe Panini, qui aurait réalisé environ 600 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2006, illustre le potentiel du marché des produits collectionnables pour enfants. Le parallèle est séduisant sur le papier, mais Panini distribue dans des milliers de points de vente avec une notoriété mondiale. La comparaison doit rester ce qu’elle est : une inspiration, pas un benchmark opérationnel.
Le vrai signal d’alerte, c’est la taille du réseau. Environ cinq implantations actives après plus de dix ans d’existence en franchise, c’est un chiffre faible. Pour comparer, une franchise comme Carlance affiche une dynamique de déploiement autrement plus agressive. Un réseau embryonnaire peut signifier deux choses contradictoires : soit le concept n’a pas réussi à convaincre, soit il attend encore son moment. À vous d’évaluer lequel des deux scénarios est le plus probable.
Ce modèle convient-il vraiment à votre profil d’entrepreneur?
Les avantages sont réels. Le ticket d’entrée à 1 890 euros est l’un des plus bas du marché de la franchise. L’absence de local réduit le risque opérationnel à presque zéro. La déclinaison internationale des albums ouvre des pistes pour les licenciés installés en zones frontalières ou à l’étranger.
Les limites sont tout aussi réelles. La notoriété de Stickie Story reste confidentielle auprès du grand public – vous partirez de zéro en termes de reconnaissance de marque. Les redevances non communiquées rendent tout prévisionnel sérieux impossible sans négociation directe avec la tête de réseau. Et un réseau de cinq licenciés ne vous donnera pas de benchmark terrain solide pour valider vos hypothèses de CA.
Ce modèle correspond à un profil précis :
- Entrepreneur en phase de test, avec peu de capital à risquer
- Personne déjà ancrée dans les réseaux familiaux locaux (associations de parents, crèches, ludothèques)
- Activité complémentaire pour un indépendant cherchant à diversifier ses revenus
En revanche, si vous cherchez une franchise avec un ROI documenté, un réseau d’entraide actif et une marque qui génère du trafic entrant, Stickie Story ne coche pas ces cases aujourd’hui. La décision entre lancer cette activité en nom propre ou via une société dépendra aussi de votre situation fiscale et de l’ampleur que vous comptez donner au projet.
À 1 890 euros, le risque financier est limité. Le vrai risque, c’est celui du temps investi dans un réseau qui n’a pas encore prouvé sa capacité à grandir.