Un droit d’entrée à 7 000 € dans un secteur qui a progressé de 12,4 % en une seule année – voilà un ratio qui attire l’attention. La franchise La Toiturgerie combine une barrière à l’entrée financièrement accessible et un marché structurellement soutenu. Avant de signer quoi que ce soit, voici ce que les chiffres disent vraiment.
Un réseau de franchise né en 2020 dans un marché porteur
La Toiturgerie a été fondée en octobre 2020 par trois associés – Christopher, Pierre et Kevin. Le passage en mode franchise est récent : le réseau a ouvert ses portes aux affiliés en 2024, ce qui en fait l’un des concepts les plus jeunes du secteur des travaux de couverture.
Le contexte marché plaide en leur faveur. Selon les données Xerfi, 9 300 établissements opèrent en France dans le secteur des travaux de couverture en 2023. Le chiffre d’affaires de la filière a bondi de +12,4 % en 2022, puis de +7,4 % en 2023, avant une croissance plus modérée de +1,7 % en 2024 (Made in FR). Le ralentissement récent ne masque pas une tendance de fond solide.
Ce fond structurel tient à un chiffre de l’INSEE : au 1er janvier 2025, la France compte 38,4 millions de logements, dont 54,4 % de maisons individuelles. Chaque maison individuelle dispose d’une toiture qui vieillit, se détériore et finit par nécessiter une intervention. Le flux de demandes est quasi mécanique.
Quel est le coût réel pour rejoindre La Toiturgerie?
Les montants communiqués par le réseau sont précis et méritent d’être décomposés sans arrondi. L’investissement global s’établit à 50 000 €, avec un apport personnel minimum de 15 000 € et des droits d’entrée de 7 000 €. Le différentiel est généralement financé par emprunt bancaire professionnel.
La structure des redevances mensuelles est la suivante :
- 6 % du CA : droit d’usage de la marque
- 1 % du CA : contribution communication
- 1,5 % du CA : animation réseau
- 1,5 % du CA : call center
Le cumul atteint donc 10 % du chiffre d’affaires en redevances totales. Sur un CA annuel de 145 000 €, cela représente 14 500 € de charges réseaux à intégrer dans votre prévisionnel. La durée du contrat est de 5 ans. La ligne call center mérite attention : elle finance une centrale de prise de rendez-vous que le franchisé ne gère pas lui-même, ce qui peut accélérer la montée en puissance commerciale.
Faut-il une expérience en toiture pour devenir franchisé La Toiturgerie?

La réponse est non – et ce n’est pas un argument marketing. La formation initiale de 3 semaines au siège de Vannes couvre trois axes : technique (lecture de toiture, diagnostics, interventions courantes), commercial (vente de devis, relation client, gestion d’un cycle de vente), et administratif (facturation, outils métier, reporting réseau).
Ce format intensif est conçu pour des profils en reconversion totale. Le kit de démarrage est inclus dans le droit d’affiliation : matériel de base, supports commerciaux, accès aux outils numériques du réseau. Vous n’avez pas à constituer une panoplie d’équipements en parallèle de votre formation.
La formation continue est assurée via des mises à jour régulières diffusées par le réseau. Sur un marché où les normes techniques évoluent – notamment sur l’étanchéité, un segment en hausse de 1,9 % avec 40,8 millions de m² posés prévus en 2024 – cette mise à niveau permanente a de la valeur concrète.
Avis et retours d’expérience des franchisés La Toiturgerie
Le témoignage le plus documenté provient d’un franchisé installé à Pau, en reconversion professionnelle complète. Son profil illustre ce que le réseau cible : quelqu’un qui n’a jamais posé une tuile de sa vie, mais qui a suivi les 3 semaines de formation à Vannes et lancé son activité immédiatement après.
Le réseau compte aujourd’hui 5 unités franchisées, toutes en France. Christopher Rabaste, l’un des cofondateurs, a déclaré viser une vingtaine d’ouvertures sur 3 ans. L’écart entre ces deux chiffres – 5 unités existantes et 20 visées – est à la fois une opportunité (les premières zones sont disponibles) et un signal de prudence : vous rejoindriez un réseau encore en phase de construction, pas un réseau mature avec un track record établi sur dix ans.
Si la question des avis sur La Toiturgerie revient souvent dans les recherches, c’est précisément parce que la base de retours terrain est encore limitée. Avec 5 franchisés, chaque expérience individuelle pèse lourd dans la moyenne – dans un sens comme dans l’autre. Pour affiner votre analyse, rien ne remplace un échange direct avec les affiliés actuels, coordonnées que le franchiseur doit mettre à disposition dans le Document d’Information Précontractuel (DIP).
Quel chiffre d’affaires peut-on espérer avec La Toiturgerie?

Le réseau communique deux indicateurs distincts. Le CA estimé après 2 ans d’activité est de 160 000 € pour un franchisé seul. Le CA moyen annuel constaté sur les unités existantes s’établit à 145 000 € – soit un écart de 15 000 € par rapport à la projection, ce qui témoigne d’une certaine transparence dans la communication commerciale.
Sur un contrat de 5 ans avec 10 % de redevances, un CA annuel de 145 000 € génère 72 500 € de charges réseau cumulées sur la durée. Le ROI dépend donc directement de votre capacité à monter en charge rapidement. La première année sera sous ce seuil ; la cinquième, potentiellement au-dessus si la zone géographique est bien choisie.
Ces projections concernent un opérateur seul. Embaucher un salarié change l’équation : la capacité de production augmente, mais la masse salariale pèse sur la marge nette. Le prévisionnel à construire avec votre expert-comptable doit simuler ces deux scénarios.
La Toiturgerie représente une opportunité sérieuse, mais à évaluer avec méthode
Les points forts sont objectifs. Le droit d’entrée à 7 000 € est bas pour une franchise dans le BTP – à titre de comparaison, d’autres réseaux de courtage en travaux affichent des conditions d’accès plus exigeantes. Le marché de la toiture est porté par un parc immobilier vieillissant et une demande structurellement stable. Et la formation accessible permet des reconversions réelles, sans diplôme technique préalable.
Les points de vigilance sont tout aussi objectifs. Avec 5 unités opérationnelles, le réseau n’a pas encore prouvé sa réplicabilité à grande échelle. Les redevances cumulées à 10 % du CA représentent une charge fixe importante dans un métier où les marges peuvent être compressées par la concurrence locale. La durée du contrat à 5 ans engage sur une période significative avec un franchiseur qui n’a que quelques années d’existence.
La démarche rationnelle consiste à rencontrer les 5 franchisés en activité, analyser le DIP ligne par ligne, et soumettre le prévisionnel à un expert du secteur rénovation avant de signer. Un réseau jeune peut être une excellente opportunité – à condition d’entrer avec les yeux ouverts plutôt qu’avec une confiance aveugle dans les projections.
5 unités, un marché en croissance, un ticket d’entrée accessible : La Toiturgerie n’est pas un pari hasardeux, mais ce n’est pas encore une valeur confirmée. C’est exactement le moment où l’analyse rigoureuse fait toute la différence entre un franchisé qui prospère et un autre qui regrette.