Créations d’entreprise : septembre 2026 bat tous les records, mais qui crée vraiment ?

Les créations d'entreprise accélèrent encore en septembre

Le 16 octobre 2026, l’INSEE a publié 119 307 créations d’entreprises pour septembre, un niveau inédit depuis le début de la série en janvier 2000. Les immatriculations progressent de 1,1 % sur un mois, après une hausse de 7,2 % en août. Ce chiffre est corrigé des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO). Il est tiré par les entreprises individuelles classiques (+11,6 % sur un mois) et par les sociétés (+5,0 %), tandis que les micro-entrepreneurs reculent de 1,6 %.

119 307 ou 124 000 : deux chiffres, deux méthodes

Bpifrance Création avance pour sa part environ 124 000 créations en septembre, soit +23 % sur un an. L’écart ne traduit pas une contradiction : l’INSEE publie ici des données corrigées, Bpifrance des données brutes, non corrigées, selon une méthodologie différente. Les deux nombres ne se comparent pas directement, et l’un ne corrige pas l’autre.

Le choix dépend de l’usage. Pour comparer un mois à un autre ou situer septembre dans la série longue, le chiffre corrigé de l’INSEE est le bon repère, puisqu’il neutralise les effets de calendrier. Pour mesurer les volumes réellement enregistrés ou une évolution sur un an, les données brutes conviennent mieux. Avant de conclure à une contradiction entre deux sources, il faut donc vérifier deux choses : le chiffre est-il corrigé ou brut, et sur quelle période porte-t-il ?

Entreprises individuelles classiques et sociétés prennent le relais des micro-entrepreneurs

Le détail par forme de création montre un changement de nature de la dynamique ce mois-ci. Les entreprises individuelles classiques progressent de 11,6 % après +10,5 % en août, et les sociétés de 5,0 % après +3,5 %. Les micro-entrepreneurs, qui représentent environ deux tiers des créations, reculent de 1,6 % après un bond de 8,1 % en août.

L’INSEE relève par ailleurs que les entreprises individuelles classiques affichent +43 % par rapport à septembre 2025. Ce chiffre relève d’une comparaison annuelle dont le cadre exact, corrigé ou brut, n’est pas précisé dans les éléments dont nous disposons : il faut le lire comme un ordre de grandeur de la dynamique, pas comme un point de comparaison avec les autres variations citées ici. Aucune explication de ce mouvement ne figure dans les données publiées, et il serait hasardeux d’en proposer une.

Pour qui hésite sur un statut, ou cible de nouveaux créateurs, le constat est utile : le record ne se résume pas à la micro-entreprise. Les créateurs qui s’installent en société ou en entreprise individuelle classique pèsent davantage dans la hausse du mois, et leurs besoins (structuration juridique, comptabilité, financement) ne sont pas ceux d’un micro-entrepreneur. Les profils qui lancent un service de niche à moins de 25 ans relèvent de ces situations variées.

Où se créent les entreprises : soutien aux entreprises et communication en tête, industrie et transports en recul

Sur le trimestre juillet-septembre, les activités de soutien aux entreprises sont le premier contributeur à la hausse : +12 400 créations, soit +4,4 points. Le nettoyage courant des bâtiments y pèse pour 4 400 créations. L’information et la communication totalisent 28 290 créations sur la même période, soit +55 % sur un an, un chiffre issu d’une synthèse dont la source précise n’est pas détaillée.

À l’inverse, sur un mois, les créations reculent dans l’industrie (-5,1 %) et dans les transports et l’entreposage (-3,6 %). Les périodes de référence diffèrent : trimestre pour les secteurs moteurs, mois pour les reculs. Les deux séries ne s’additionnent pas et ne se comparent pas point à point.

Le record national ne dit donc rien d’une conjoncture porteuse pour tous. Un créateur ou un prestataire positionné sur l’industrie ou le transport ne peut pas en déduire que son marché se porte bien ; celui qui vise les services aux entreprises ou la communication se trouve, lui, dans les secteurs où les immatriculations se concentrent.

Un pic isolé ou un mouvement de fond ?

L’horizon de comparaison change le message. Sur un mois, la hausse est de 1,1 %. En données brutes, juillet-septembre compte 45 500 créations de plus que la même période un an plus tôt, soit +16,0 %. Sur les neuf premiers mois de 2026, 971 803 entreprises ont été créées contre 859 047 un an plus tôt, soit environ +13 % (859 047 + 13 % ≈ 971 000, cohérent avec le cumul annoncé). Ce cumul neuf mois provient d’une synthèse de sources croisées sans référence détaillée : à citer avec cette réserve.

Le niveau élevé de septembre s’inscrit donc dans une série de mois soutenus, et ne ressemble pas à un accident isolé. Le record permet de dire que le volume de créations est élevé et qu’il s’installe sur plusieurs mois. Il ne permet pas de dire que les entreprises créées dureront, aucune donnée sur leur pérennité n’étant publiée dans ce communiqué, ni ce qui se passera en octobre.

Pour juger son propre cas, mieux vaut donc situer son statut et son secteur dans la répartition décrite plus haut, et vérifier systématiquement la nature du chiffre (corrigé ou brut) et sa période avant de comparer deux sources. Dans les territoires, les dispositifs d’accompagnement, comme la pépinière d’entreprises de Besançon, accueillent des projets dont le profil ne se lit pas dans un indicateur national.