Les agents d’entretien arrivent en tête avec 488 000 postes à pourvoir entre 2019 et 2030, devant les enseignants (329 000) et les aides à domicile (305 000). Le classement, issu du rapport « Métiers en 2030 » de la DARES et de France Stratégie, est dominé par l’entretien, l’enseignement et le soin. Il compte des postes à pourvoir, pas des métiers « porteurs » au sens du salaire ou des conditions de travail. Autre réserve : le rapport date de 2022 et repose sur des données de 2019. La version qui circule en octobre 2026 est celle d’un article de synthèse du site NouvelleViePro.fr, daté du 14 octobre, qui reprend ces projections sans actualisation majeure. Le rapport primaire n’a pas été consulté directement pour cet article.
Le classement, rang par rang
Seuls cinq volumes figurent dans les sources consultées. Pour les autres métiers, le rang est connu, pas le nombre de postes.
| Rang | Métier | Postes à pourvoir 2019-2030 |
|---|---|---|
| 1 | Agents d’entretien | 488 000 |
| 2 | Enseignants | 329 000 |
| 3 | Aides à domicile | 305 000 |
| 4 | Conducteurs de véhicule | non précisé |
| 5 | Aides-soignants | non précisé |
| 6 | Cadres administratifs, comptables et financiers | non précisé |
| 7 | Cadres commerciaux et technico-commerciaux | non précisé |
| 8 | Infirmiers et sages-femmes | 256 000 |
| 9 | Ouvriers qualifiés de la manutention | non précisé |
| 10 | Ingénieurs de l’informatique | 190 000 |
| 11 | Ouvriers qualifiés du second œuvre du bâtiment | non précisé |
| 12 | Vendeurs | non précisé |
| 13 | Médecins | non précisé |
| 14 | Techniciens et agents de maintenance | non précisé |
| 15 | Ingénieurs et cadres techniques de l’industrie | non précisé |
Pour un lecteur au profil business ou marketing, deux familles se détachent : les cadres commerciaux et technico-commerciaux (7e) et les cadres administratifs, comptables et financiers (6e). Elles figurent toutes deux dans le haut du classement, sans que le volume exact soit disponible.
Des postes à pourvoir, surtout parce que des gens partent
Le scénario de référence de France Stratégie et de la DARES anticipe environ 1 million d’emplois créés entre 2019 et 2030. Ce chiffre ne dit pas d’où viendront la plupart des recrutements : 90 % des postes à pourvoir, soit 760 000 par an, proviendront des départs en retraite. Le classement mesure donc d’abord des remplacements, pas une expansion.
La tension est présentée comme structurelle : 760 000 postes à pourvoir chaque année, face à 640 000 jeunes qui entreront sur le marché du travail. L’écart annuel, calculé à partir de ces deux chiffres (760 000 – 640 000), est de 120 000 postes sans candidat « naturel » du côté des jeunes entrants. C’est ce déséquilibre démographique qui donne son poids au classement.
Volume de postes et dynamique du métier sont deux choses distinctes. Les infirmiers et sages-femmes progresseraient de 18 % entre 2019 et 2030 (+113 000 professionnels), les aides-soignants de 15 % (+110 000) : là, la croissance de l’emploi s’ajoute aux départs. Les ingénieurs informatiques (190 000 postes) relèvent aussi des métiers en développement. À l’inverse, pour les agents d’entretien en tête du classement, les sources consultées ne chiffrent aucune croissance : rien ne permet d’en déduire un métier en expansion.
Cette mécanique de départs massifs rappelle l’enjeu de la transmission d’entreprise, où le renouvellement des générations crée aussi des postes et des opportunités de reprise.
Des projections de 2022 : jusqu’où s’y fier
Les chiffres sont prospectifs, non garantis, et reposent sur une base 2019. Depuis, le contexte a changé : crise énergétique, essor de l’IA, évolution des tensions de recrutement en 2024. Aucune donnée d’actualisation n’est avancée ici, faute de source vérifiée ; l’effet de ces évolutions sur chaque métier reste à documenter par des études plus récentes. Les volumes de 2026 peuvent donc s’écarter de ces projections, dans un sens comme dans l’autre.
Le classement ne dit rien sur plusieurs points décisifs pour un choix de carrière :
- la rémunération ;
- les conditions de travail ;
- l’accessibilité du métier, selon le diplôme ou l’expérience requis ;
- la répartition géographique des postes.
Un métier très recruteur peut cumuler un fort volume et une faible attractivité. Le nombre de postes ne renseigne pas sur la qualité de ceux-ci.
Ce que le lecteur peut en tirer
Le classement vaut comme repère de volume de postes à pourvoir : il indique où les départs en retraite créeront du besoin, pas où le métier est le plus prometteur. Avant toute décision engageante, trois vérifications s’imposent : les tensions de recrutement dans le bassin d’emploi visé, l’actualité récente du secteur, et le salaire comme les conditions de travail, à chercher dans des sources distinctes. Pour les profils déjà en poste qui hésitent à bouger, la question du management au quotidien pèse parfois autant que le secteur choisi.